Actualités

06/12/2019

Etude posturale dynamique au Kilomètre 0

Le Kilomètre 0 propose des études posturales plus ou moins poussées en fonction de vos besoins de votre budget.

  • Prix : 180€. Etude posturale statique classique, prévoir  1h 30 et venir avec sa tenue et ses chaussures
  • Prix : 280€. Etude posturale  en dynamique sur le Pedalanalyser qui permet d’analyser la position sur le vélo et le pédalage afin d’optimiser son efficacité ( prévoir autour de 3h00 et venir avec sa tenue et ses chaussures
  • Prix : 399€ pour ceux qui sont dans une démarche de progression nous proposons le Point 0 comprenant une étude posturale, un bilan de pédalage + une PMA + un contrôle de la progression à l’issue d’un bloc de 3 ou 6 mois

 

Le test de Jérôme SORREL. On se régale de sa justesse !

Pour pédaler rond, rien de tel qu’une étude posturale carrée

Ça ne vous arrive jamais de savoir qu’il faut se mettre à la tâche, mais par flemme, trop plein d’assurance, instinct, peur du changement, vous procrastinez, vous repoussez à la saint Glinglin ce moment où vous allez vous y mettre. Une fois la tâche accomplie, le changement opéré vous vous en voulez de ne pas l’avoir fait plus tôt et même vous vous dites, tout ce temps perdu, quel dommage.

C’est exactement ce qu’il vient de m’arriver. Je roule sur mon vélo route depuis 4 ans, le choix de la taille du cadre a été fait suite à une très rapide prise de mesure (taille en hauteur et longueur des jambes), le réglage du vélo, fut quasi inexistant, si ce n’est la hauteur de selle, calée un peu au pif, ajustée à la sensation et puis voilà. Idem pour les cales automatiques, pas véritablement réglées finement : au centre dans le sens de la largeur, tout devant dans le sens de la longueur. Résultats, ça fonctionne. Je pédale, je roule, j’enroule sans problème, je ne suis pas forcément toujours devant, pas non plus forcément toujours derrière aussi bien sur une petite sortie de 50km que sur les sorties plus longues, 150 voire plus de 200km. Faut tout de même reconnaître, quelques gènes et douleurs dès que la sortie s’allonge au-delà de 150km : douleurs dans le dos, au point de redouter la pause. Douleurs dans les pieds. Sur des sorties plus intenses, type tourner à Longchamp une grosse heure pour faire du travail spécifique (vélocité, fartlek, fractionné, puissance). Impossible d’y échapper, fourmis dans la main droite, dans le perinée (oui la sensation d’avoir le sexe engourdi n’est pas super agréable). Bref, je ne suis pas si mal sur mon vélo mais il y a probablement moyen d’être mieux.

Depuis 3 ans, je me dis qu’une étude posturale serait probablement une bonne idée pour améliorer tout cela. D’un autre côté, mes petites gênes sont tout à fait gérables, surtout je n’ai aucune douleur aux genoux, aux cervicales et j’hésite longtemps à bouleverser les réglages du vélo.

SAVOIR CE QUE L’ON QUITTE SANS SAVOIR CE QUE L’ON VA TROUVER

C’est ce dilemme auquel nous sommes souvent confrontés quand nous sommes face à une décision importante. Cela s’applique aisément aux réglages de son vélo. Vu le temps que l’on passe sur son vélo, vu l’attention que l’on porte à son précieux, oui, c’est une décision importante, capitale même, que de se décider à bien le régler. C’est décidé, je prends donc rendez-vous avec Ludovic au Kilomètre 0 pour passer à la moulinette du bikefitting. Ludovic m’invite donc à revenir avec mon vélo (c’est rassurant), un cuissard, mes chaussures de cyclisme et de prévoir 2 heures dans mon agenda.

Le protocole d’étude postural est rigoureux. Ludovic détient cette expertise depuis plus de 5 ans et des centaines de cyclistes sont passés sous ses yeux et mains, il a de plus suivi une formation spécifique à l’outil qu’il utilise actuellement. Une formation de 2 jours, dispensée par Shimano, propriétaire du bikefitting system, qui va servir aujourd’hui à adapter le vélo à ma posture générale et non l’inverse.

La tête et le carburant

La séance commence par un questionnaire et un échange sur mes pratiques du cyclisme, si j’ai des objectifs sportifs particuliers, ce qui me motive à rouler, combien de bornes je roule sur une année, ce qui m’amène aussi à faire une étude posturale. Bref, il tente de cerner le personnage afin d’adapter son approche. Evidemment cette dernière sera différente pour quelqu’un qui vise un podium à l’ironman d’Hawaï et quelqu’un qui envisage un voyage à vélo d’une semaine. Aussi les réglages seront différents si on a, à faire à un pistard, un vététiste ou un coursier. Notez aussi que cette étude posturale est intéressante dès que vous roulez sur un vélo de sport. Vous vous rendez au quotidien au bureau sur un beach cruiser ou un vélo hollandais, vous n’avez probablement pas besoin d’une étude posturale aussi complète. D’autant que ces typologies de vélo ne sont pas intégrées dans la base de données.

Les jambes et le moteur

Ensuite il observe le corps, sa posture, sa souplesse, la démarche, l’allure générale de l’Apollon* du jour. Il demande s’il y a un historique médical particulier, des contre-indications particulières ou plus simplement s’il doit être informé d’équipement médicaux au quotidien (semelles orthopédiques par exemple). Cette phase d’observation lui permet d’avoir une idée précise sur l’orientation finale qu’il va donner à l’étude posturale et sur les ajustements qu’il va devoir amener en dépit de ce que lui indique la machine.

Après les observations, les mesures en statique.

En cuissard et pieds nus c’est parti pour une prise de mesures précises et détaillées, je me sens comme Lova Moor qui va passer un casting pour être meneuse de revue au Crazy Horse. Très vite Ludovic me fait comprendre que je ne serais jamais pris ni au Crazy Horse ni au Lido il me demande de me concentrer malgré tout pour qu’il puisse mesurer précisément :

  1. La distance entre mes ischions et le sol
  2. La pointure du pied gauche et du pied droit
  3. Ma taille
  4. Longueur du bras gauche et du bras droit
  5. Longueur des avant-bras gauche et droit
  6. Distance ischions-gorge
  7. Largeur des épaules

Il fait de même avec mon vélo. Marque, modèle, année, taille. La base de données de Shimano, c’est plus de 60 marques, plus de 2,000 modèles de vélo différents. Evidemment cette base de données est dynamique. Elle est enrichie en permanence. Si votre vélo n’est pas dans la base de données (c’est mon cas, mon Synapse est trop vieux), c’est maintenant que l’expertise et les connaissances de votre interlocuteur sont primordiaux.  Il va pouvoir guider le logiciel vers les cotes les plus proches de votre spad. Au total, une grosse vingtaine de données vont être entrées dans le logiciel qui va donc proposer une position optimale sur le vélo étalon. Ludovic va dans un premier temps, tout simplement appliquer les cotes proposées. Je vais donc enfin pouvoir commencer à pédaler.

 

Quelques millimètres font une énorme différence

Ludovic m’invite donc à pédaler naturellement, sans faire attention à rien d’autre qu’identifier comment je me sens sur le vélo. Je constate d’emblée que le drop est bien plus important sur le montage proposé que sur mon vélo, je n’ai aucune gêne, ni mains sur les cocottes, ni mains en bas du cintre. Aussi pendant ces 10minutes, les capteurs présents sur la machine permettent de faire un premier bilan de pédalage. Identification du point 0, de l’équilibre des watts délivrés par la jambe gauche et la jambe droite, point d’appui sur les pédales, direction de forces délivrées sur les pédales, efficacité naturelle du pédalage.

Quelques ajustements sont faits ensuite sur le vélo étalon, en fonction de mon ressenti, de ce que Ludovic a vu, a senti. Aussi, comme on peut le voir sur la photo du rendu des capteurs, je pédale fort sur l’extérieur du pied. On positionne différemment les cales sous les chaussures aussi. Bref quelques millimètres ajoutés ici, quelques centimètres enlevés par là. Mon ressenti flagrant est la distance cintre/selle très longue, j’ai l’impression d’être obligé d’aller chercher le cintre trop loin, de tirer sur les bras pour aller chercher les cocottes. Ludovic compense tout cela, fait des allers-retours entre la machine de fitting et ses données sur l’écran de son logiciel. Il m’invite à remonter sur la machine pour une deuxième séance de pédalage. Le demi-centimètre gagné sur la distance cintre/selle change de manière très sensible le ressenti sur ma position. Bien plus confortable. Je me sens bien sur le vélo, il est temps de s’assurer que les réglages sont les bons pour respecter mes genoux et toute la partie inférieure de mon corps. Prise de mesure de l’angle de flexion du genou gauche (et droit) quand les pédales sont au point le plus bas. Prise de mesure de l’alignement, genoux/cales, les réglages semblent corrects on va pouvoir s’atteler à la qualité du pédalage.

C’est l’avant dernière phase de la séance de bike-fitting. S’assurer que le gain de confort grâce au changement de position puisse respecter ma mémoire résiduelle du corps, mes aptitudes naturelles (« très au-dessus de la moyenne » j’aimerais entendre de la bouche de Ludovic mais non, rien ne vient) et évidemment amener une amélioration de la qualité du coup de pédale.

Tout en pédalant, Ludovic m’explique plus en détail ce que je vois à l’écran et comment, dans un monde idéal, je dois réussir à corriger la qualité de mon pédalage pour une meilleure efficacité, moins de fatigue. Les données à l’écran sont très claires et modifiées instantanément en fonction de la façon dont je pédale. Cela permet d’avoir une vision très claire des points à travailler pour mettre la misère à tout le monde lors de ma prochaine sortie. Malheureusement identifier les lacunes sur un écran ne suffit pas pour transformer un âne en pur-sang, je remets donc à plus tard mon projet d’aligner les KOM aussi vite que j’enfile les perles.

Ludovic m’invite à aller me changer, me doucher si besoin pendant qu’il ajuste les mesures obtenues et identifiées ensemble comme adaptées à mon corps, ma pratique, mon vélo, mes envies, mon confort. Il me précise qu’une dizaine de sorties vont être nécessaires pour être capable de voir si ces réglages sont parfaits ou s’il faudra faire un léger ajustement dans un deuxième temps. Il me suggère deux changements de matériel sur le vélo. Une selle évidée, au bec plus court qui devrait mieux respecter mon périnée. Il me suggère l’achat d’un cône de direction plus court pour reproduire le même drop que celui agréé ensemble sur la machine.

Depuis l’étude posturale, j’ai fait 6 ou 7 sorties, plutôt courtes. Il est donc difficile d’identifier si mes douleurs (dorsales, aux pieds) ont disparu sur de longues sorties. Par contre sur les 3 sorties à Longchamp pour faire du travail spécifique, plus de périnée engourdi, plus de fourmis dans les doigts. Ai-je amélioré mon pédalage ? difficile à dire, il faudrait retourner sur la machine pour faire un point dans 6 mois et voir ce que le travail donne comme résultat.

Il y a plusieurs points très intéressants dans le fait de faire une étude posturale selon la méthode proposée par Shimano. Quelques éléments aussi qui me font dire que faire cette étude avec Ludovic au Kilomètre 0 est une bonne option, je vous les propose ici (en sachant que je n’ai fait qu’une étude posturale, je ne suis donc pas un testeur en série des différentes études posturales proposées sur le marché).

1/ Ne pas mettre la charrue avant les bœufs

Quand on n’y connait rien au vélo, on rentre dans une boutique, on dit qu’on cherche un vélo et on attend des propositions. Il y a autant de pratique du cyclisme qu’il y a de cyclistes. Il y a forcément un vélo adapté à chaque cycliste aussi. Adapté à son histoire, ses envies, sa morphologie. Rarement on achète une paire de chaussures sans les avoir essayées. Ça devrait être pareil avec un vélo sur lequel on va poser ses fesses de longues heures. Sauf que c’est souvent compliqué de tester plusieurs vélos pendant quelques jours avant de faire son choix. L’étude posturale et la méthode proposée par Kilomètre 0 permet d’avoir suffisamment d’éléments pour choisir la bonne géométrie, la bonne taille. Dans mon cas,  Ludovic, spontanément me dit que la taille de mon vélo est la bonne mais compte tenu de mes aptitudes et ma pratique il m’aurait plutôt orienté vers un Cannondale Super Six (pour rester dans la même marque) plutôt que le Synapse.

2/ Comprendre et respecter

Le protocole est précis. Il permet à l’expert de comprendre quel cycliste il a en face de lui. Quelles motivations l’amènent à exécuter cette étude posturale et ce qu’il en attend. La méthode est conçue pour améliorer le confort et donc la performance. Et non la performance au détriment du confort (ce qui ne marcherait probablement pas dans la majorité des cas). Le respect des attentes est primordial surtout si l’on vient en étant déjà pas si mal que cela sur son vélo. Le respect du corps et de l’historique du cycliste est aussi primordial.

3/ Visualiser pour améliorer

Le pédalage en dynamique sur une machine bardée de capteurs permet de bien visualiser le pédalage naturel du cycliste. Les points forts, les points faibles. Le fait d’avoir en direct sur l’écran les mouvements reproduits permet immédiatement de ressentir comment corriger le pédalage. Pas de miracle cependant on ne devient pas Romain Bardet en 5 minutes. Simplement on peut s’atteler à retrouver ces mêmes sensations une fois dehors, lors des sorties.

4/ L’approche de Ludovic est intéressante, il commence par régler le vélo au mieux et au plus près des informations qu’il obtient. Sans pousser à la consommation. Seulement s’il est coincé sur l’adéquation entre le vélo et son pilote, et après discussion avec son client, il proposera de changer la selle, les manivelles, le cintre, la potence ou tout autre élément du vélo qui permettrait d’avoir exactement, ou au plus près, le vélo réglé aux petits oignons.

5/ Ludovic invite son cycliste du jour à aller rouler avec son nouveau vélo, au moins une dizaine de sorties, représentatives de sa pratique usuelle, et le cas échéant revenir quelques semaines après pour ajuster à nouveau les réglages effectués.

 

Pour finir, le magasin Kilomètre 0 propose un ensemble de tarifs et promotions sur cette étude posturale. Vous faites parti d’un club, vous achetez un vélo chez eux suite à votre étude posturale, vous avez plusieurs vélos à régler, voyez avec eux l’offre qui sera la plus adaptée.

Pour ma part, je me suis assis sur mes ambitions d’être leader d’équipe au sein de la FDJ, il n’empêche qu’être confortable sur son vélo est la gageure d’aller plus loin et surtout de mieux profiter de ses sorties. Aussi j’ai fait une croix depuis longtemps sur mes chances d’être meneuse de revue dans un cabaret, mais pourquoi pas être capable d’assurer le rôle de meneur d’allure du peloton sur 200km ou plus. Je vous dirais ça aux beaux jours.

(*charité bien ordonnée commence par soi-même)